Devenir point relais : ce que le commerçant y gagne

Devenir point relais : conditions des réseaux, place et horaires, commission par colis, passage en boutique et contraintes pour un commerce de quartier.

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Devenir point relais : ce que le commerçant y gagne

Devenir point relais consiste à recevoir, stocker et remettre les colis d’un réseau de livraison, contre une commission versée pour chaque colis traité. Pour un commerce de quartier, l’intérêt tient moins à ce revenu d’appoint qu’au passage qu’il amène en boutique, à condition d’avoir la place, les horaires et le temps de personnel nécessaires.

Devenir point relais : ce que fait le commerçant chaque jour

Un point relais est un commerce qui sert de boîte aux lettres à tout un quartier. Le transporteur passe chaque jour, dépose les colis des habitants du secteur et emporte ceux qui partent. Entre deux passages, vous stockez, remettez, enregistrez. Rien n’est acheté ni revendu : vous rendez un service au réseau, qui vous le paie.

Choisir de devenir point relais, c’est accepter une routine précise, répétée à chaque ouverture :

  • l’arrivée du transporteur, avec un scan de chaque colis ;
  • le rangement sur une étagère dédiée, pour retrouver un paquet en quelques secondes ;
  • la remise au destinataire contre un code ou une pièce d’identité ;
  • le dépôt des envois de particuliers ou de petits vendeurs en ligne ;
  • le retour au transporteur des colis non retirés à la fin du délai de garde.

Chaque geste passe par l’appareil de scan fourni : il alimente le suivi consulté par le destinataire et sert de base à votre rémunération. Un colis mal scanné n’existe pas pour le réseau.

Les réseaux qui recrutent des commerçants

Plusieurs réseaux se partagent les commerces de quartier, chacun avec ses transporteurs : le choix décide des colis, donc des clients, que vous verrez passer.

  • Pickup, filiale de La Poste, reçoit les colis de Chronopost, Colissimo et DPD France.
  • Relais Colis, membre du groupe GLS, accepte aussi des colis de transporteurs partenaires, DHL notamment.
  • Mondial Relay anime son propre réseau de Points Relais et recrute lui aussi des commerçants.
  • Des transporteurs internationaux et des places de marché ont leurs propres points de retrait ou consignes.

Cumuler deux réseaux n’est pas toujours possible : certains exigent l’exclusivité, d’autres ouvrent leurs étagères aux colis de partenaires. Tranchez la question avant de candidater.

Colis brun posé sur le comptoir en bois d’une épicerie de quartier à côté d’un panier de pommes vertes

Ce que les réseaux exigent d’un point relais colis

Les réseaux recrutent des boutiques, pas des domiciles. Relais Colis cite, sur sa page de recrutement consultée le 9 octobre 2026, tabacs-presse, épiceries, supérettes, fleuristes, boutiques indépendantes et, plus largement, tout commerce ouvert au public disposant d’un espace de stockage adapté. Pour un futur point relais colis, trois réalités physiques comptent plus que votre métier : la place, les horaires, l’emplacement.

La place d’abord. La FAQ commerçants de Pickup recommande un espace minimum de 2 mètres de large, 2 mètres de haut et 50 centimètres de profondeur, d’autres configurations restant possibles, pourvu que l’espace soit dédié, sécurisé et facilement accessible. Le volume quotidien est fixé avec vous selon cette capacité et votre zone de chalandise, régulation qui justifie aussi l’exclusivité demandée. Le réseau fournit l’appareil de scan, la signalétique et un mode d’emploi.

Prévoyez un pan de mur de réserve équipé d’étagères solides, hors de portée des clients et proche du comptoir. Si votre réserve déborde déjà avant les fêtes, triez vos références dormantes avec notre méthode de gestion des stocks d’un petit commerce avant de promettre deux mètres de mur à un réseau.

Les horaires ensuite. Un relais sert surtout des actifs, qui passent à l’heure du déjeuner, en fin de journée et le samedi. Un commerce point relais fermé à ces moments frustre les destinataires. Les congés se déclarent à l’avance, souvent depuis l’appareil de scan, pour que le réseau redirige les livraisons.

L’emplacement enfin : rue passante, stationnement facile, absence d’autre relais à proximité. Côté budget, les deux réseaux consultés annoncent une activité sans investissement de votre part.

Étagère métallique d’une réserve avec des cartons alignés du plus grand au plus petit

Rémunération : ce que rapporte vraiment un colis

Le principe ne varie pas : vous êtes payé à la pièce. Relais Colis parle d’une rémunération perçue pour les colis pris en charge dans votre commerce. Le montant unitaire figure au contrat, pas sur les pages publiques que nous avons consultées. Les barèmes qui circulent sur les forums datent souvent et ne disent rien de votre secteur.

Pickup, seul des deux à afficher un ordre de grandeur, annonce une rémunération directe de plus de 200 € par mois en moyenne, avec une facture mensuelle. Une moyenne nationale mélange relais saturés de centre-ville et relais de bourg tranquille : elle vous situe, elle ne vous garantit rien.

Pour juger, raisonnez en minutes. Mettez en regard la commission par colis, le volume quotidien envisagé et le temps d’une remise complète, de l’accueil au scan final : vous saurez si l’activité paie le temps de votre équipe. Avant de signer, obtenez par écrit :

  • le montant versé par colis remis, envoi déposé et retour ;
  • le volume prévu en semaine ordinaire et en décembre ;
  • le rythme de paiement ;
  • le préavis de sortie et l’exclusivité éventuelle.

Côté comptabilité, la commission rémunère un service rendu au réseau, distinct de vos ventes de marchandises. Selon le portail Entreprendre de service-public.gouv.fr, une micro-entreprise à activité mixte reste au régime micro-fiscal pour les revenus 2026 tant que son chiffre d’affaires global hors taxes n’a pas dépassé 203 100 € et la part des prestations de services 83 600 €, la sortie n’intervenant qu’après deux années consécutives de dépassement. Votre comptable vous dira où ranger ces commissions.

Le vrai gain d’un relais : du passage et des ventes en plus

La commission couvre rarement à elle seule le temps passé. Le calcul change quand le colis fait entrer des gens qui n’auraient jamais poussé votre porte : le voisin qui achète tout en ligne, la salariée qui rentre tard, l’étudiant qui revend ses vêtements. Chaque retrait est une visite gratuite.

Les réseaux le mettent en avant sur leurs pages de recrutement, pourcentages maison à l’appui : surcroît de fréquentation, part des visiteurs qui achètent au retrait. Ce sont des moyennes de réseau, mesurez les vôtres. Le passage ne devient pas ticket tout seul : notre article sur comment attirer les clients dans un magasin détaille ce qui retient un visiteur venu pour autre chose.

Quelques réglages distinguent une activité de relais subie d’une activité qui nourrit la caisse :

  • un comptoir de retrait qui fait traverser une partie de la boutique, sans labyrinthe ;
  • quelques achats spontanés près de la caisse : boissons fraîches, confiseries, fleurs coupées ;
  • une carte de fidélité remise dès le premier retrait ;
  • un renfort aux heures de pointe, le samedi surtout ;
  • vos propres services affichés là où les clients du relais patientent.

Mesurez ensuite : nombre de tickets et panier moyen sur les mêmes semaines, avant et après l’ouverture, en isolant les achats des clients venus avec un avis de passage. Au bout d’un trimestre, vous savez si le relais de quartier nourrit votre commerce ou s’il se contente de l’occuper.

Devanture d’un commerce de quartier au petit matin, porte vitrée entrouverte sur une rue calme

Les contraintes à chiffrer avant de signer

Place, temps, saisonnalité : trois contraintes reviennent chez les commerçants relais.

Les pics de fin d’année pèsent le plus. Promotions de fin novembre, achats de Noël, retours de janvier : les volumes gonflent quand votre propre clientèle se presse. Le réseau peut réguler les flux selon votre capacité et accepter un signalement de surcharge, mais une réserve pleine reste pleine. Prévoyez dès l’automne des étagères d’appoint et un rangement par date d’arrivée.

Le temps du personnel vient ensuite. Une remise, c’est retrouver le paquet, le scanner, vérifier le code ou l’identité, parfois calmer un client dont le colis est encore en route. Court à l’unité, cela pèse sur une journée chargée. Le vrai danger reste la file d’attente : l’habitué venu acheter son pain ne doit pas patienter derrière trois retraits.

La place, elle, se joue aussi au poids : un carton lourd se manipule mal dans une boutique étroite, et un point de retrait mal dimensionné finit en couloir encombré.

Reste le bail, que peu de candidats relisent. Une clause de destination étroite, rédigée pour une librairie ou une boulangerie, ne couvre pas forcément la remise de colis. L’article L145-47 du code de commerce, lu sur Légifrance, permet au locataire d’adjoindre des activités connexes ou complémentaires : il en informe le propriétaire par acte extrajudiciaire ou lettre recommandée avec avis de réception, et celui-ci a deux mois pour contester.

À la première révision triennale suivante, le loyer peut tenir compte de l’activité ajoutée si elle a modifié la valeur locative. Notre point sur le bail commercial 3 6 9 rappelle les autres clauses à vérifier.

Quatre signaux invitent à la prudence :

  • une réserve déjà saturée en décembre ;
  • une boutique tenue seule aux heures de pointe ;
  • une fermeture le samedi ou à midi ;
  • un relais du même réseau à deux pas.

Les démarches pour devenir relais, étape par étape

La candidature prend peu de temps ; la préparation compte davantage.

  1. Mesurez l’espace libre et notez vos horaires réels sur une semaine type.
  2. Repérez les relais voisins et leurs réseaux : un relais débordé le samedi signale une demande mal couverte.
  3. Choisissez un réseau selon l’exclusivité et les transporteurs qui y livrent.
  4. Déposez votre candidature en ligne : coordonnées, type de commerce, motivations.
  5. Validez avec le réseau l’emplacement des étagères et le format de colis.
  6. Installez l’appareil de scan et la signalétique, suivez la formation, puis accueillez le premier passage.

Relais Colis annonce une réponse sous vingt-quatre heures et un animateur réseau dédié pour chaque commerçant. Chez Pickup, selon sa FAQ, un commerce est contacté sous une semaine si le réseau cherche un relais dans son secteur ; le silence signifie que la zone est couverte. Le même réseau propose trois formats, standard de 0 à 20 kg, Plus jusqu’à 30 kg, Maxi au-delà, et présente l’activité comme sans engagement à long terme, avec un préavis de deux mois.

Débutez par le format standard pour devenir relais colis sans bouleverser votre boutique. Si vous proposez déjà le retrait de vos propres commandes, séparez les deux zones : notre guide pour mettre en place le click and collect détaille l’organisation de ce comptoir.

Prochaine étape : passez un samedi matin devant le relais le plus proche, comptez les retraits sur une heure, puis mesurez votre réserve. Si la file déborde là-bas et que la place existe chez vous, déposez votre candidature dans la semaine.